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PAYS DOGON Le Plateau - La Falaise
- La plaine - Préhistoire
- Histoire - Dogons et
voisins |
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Le Pays Dogon se situe au sud-ouest de la boucle du Niger, dans la région administrative de Mopti (cercles de Bandiagara, Koro et Bankas), près de Douentza et, au Burkina Faso, au nord-ouest de Ouahigouya. Dans le cercle de Bandiagara, 80 % de la population est Dogon, de confession traditionnellement animiste. A l'est des cercles de Koro et Douentza, à la limite du Gourma, c'est-à-dire du pays des Peul. Le pays Dogon est donc entouré par un monde musulman : d'abord par les Peul, éleveurs nomades, par les agriculteurs Mossi et Bobo, et par les pêcheurs Bozo. Le Pays Dogon semble perdu au milieu du Mali mais il demeure l'un des sites les plus fascinants de l'Afrique de l'Ouest. Les Dogon et la Falaise dans laquelle ils vivent représentent un monde à part : un univers vertical, structuré autour d'un Renard Pâle et de dieux sans pareils, de Forgerons et de "Hogon", d'Initiés et de Débutants, de fêtes se déroulant tous les 60 ans, de masques et de danses incomparables, de légendes archi-complexes et fascinantes. Région très accidentée, le pays Dogon se partage entre 3 espaces distincts : le Plateau, la Falaise, et La Plaine. Le Plateau : D'une altitude comprise entre 400 à 700 m, il est constitué de tables de grès, d'environ 200 Kms de long. Le plus important cours deau arrosant le pays sappelle le Yalé, qui est un affluent du Fleuve Niger, lactivité principale des populations est la culture des céréales sèches. Les cultures de contre - saison (avec apport de fumure, de terre et la présence de nombreux petits barrages) leur permettent de faire dimportantes récoltes doignons, de piments et de tabac. La ville la plus importante est Bandiagara (12 000 habitants) la majorité des constructions traditionnelles du plateau utilise dabord la Pierre, puis le Banco. La Falaise : constituée de plateaux gréseux qui montent en pente très douce depuis le Niger. C'est la partie la plus touristique du pays, car c'est sans doute dans cette région que se trouvent les plus beau villages, les villages sont accrochés aux éboulis (200 km de long) le point culminant en est Bamba (791 m), zone de cailloutis ou les éboulements sont fréquents. on y trouve cependant une plus importante végétation que sur le plateau (fromagers, karités, baobabs, jujubiers, tamariniers...) grâce aux eaux de ruissellement, le terrain, souvent en espalier y est assez fertile (mil, sorgho, maïs) cest encore la région la plus peuplée avec des villages perchés à larchitecture de Banco. |
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La Plaine du Seno : Les dogons se sont installés tardivement dans cette région, car ils étaient chassés par les éleveurs Peulh, les Mossie te les Songhaî (ékeveurs). C'est grace à la pacification des Français qu'ils opurent s'y installer. Aride et sableuse, cest le domaine de la culture de maraîchage, leau est plus accessible (mares, forages, puits), le transport est plus facile, cest pourquoi on y trouve les gros villages comme Bankas, Madougou, Koro, Diankabou... avec une architecture hétéroclite (pierre, banco, tôle ondulée...). La circulation dans la plaine est plus facile, l'isolement moindre, et les habitants vivent du commerce entre le Burkina Faso et les villages de l'intérieur. Dogon
et Préhistoire Les premiers occupants connus du Pays Dogon seraient de petits hommes appelés Bana (rouge) ou Tellem ou encore Pygmées. Ils vivaient de chasse et de cueillette à une époque où la forêt arrivait vraisemblablement au pied de la falaise. Un peuple, nommé Kurumba, apprit aux Bana comment construire des maisons sur les plates-formes de la Falaise. Des vestiges encore visibles font apparaître des constructions en petites briques en forme de petits pains non séchées et empilées en quinconce. Les murs avaient une dizaine de centimètres d'épaisseur et l'entrée se faisait par une ouverture d'environ 70 cm de côté, placée à 20 ou 30 cm du sol. Les vestiges les plus nombreux se trouvent au-dessus du village de Irelli, ou encore près de Amani. L'accès aux habitations se faisait par des cordages tressés de fibres végétales ; certains permettaient de descendre directement de la maison jusqu'au sol,. Il est vraisemblable qu'un réseau de cordages, et peut-être d'échelles, les reliait entre elles. La Falaise offrait ainsi une protection sûre aux Tellem. Les récits Dogon dépeignent les
Tellem comme un peuple d'un tempérament agréable et non agressif. Certains
pensent qu'en arrivant les Dogon rejetèrent les Kurumba vers
l'Est, au-delà du Burkina Faso, et qu'ils ne furent en contact qu'avec
les Bana ou Tellem, avec lesquels ils cohabitèrent quelque temps. Dogon et Histoire
Le thème de la fuite
devant un ennemi à cheval revient toujours dans les légendes Dogon .
Certaines précisent même des musulmans. Il est tout à fait possible
qu'il s'agisse des Almoravides qui envahirent l'empire du Ghana entre
1050 et 1080. Les légendes anciennes
du Mali ne parlent presque pas des Dogon, bien que la proximité de Tombouctou,
de Gao et Djenné ait pu être importante pour eux. Les Peul, qui furent les grands propagateurs de la religion musulmane en Afrique, les ont harcelés en permanence. La résistance des Dogon à l'islam les a obligés à se replier sur eux-mêmes. En 1893, le général
Archinard, à la tête des troupes françaises, s'empara de Bandiagara
; la ville, sur ordre du Hogon de Sangha résista victotieusement pendant
trois jours . Si l'occupation française a permis la pénétration de missionnaires chrétiens à Bandiagara et à Sangha, elle a eu pour principal effet de mettre fin à l'hostilité entre les Dogon et les Peul ; cela permit aux Dogon de s'installer un peu plus dans la plaine devant la falaise sans avoir à redouter les envahisseurs ou les pillards. Dogon et Bozo Les Bozo prétendent ne pas avoir
de passé et être nés d'un aigle pêcheur. La légende veut que des crocodiles
aient aidé les Dogon à traverser ; il est plus vraisemblable que ce
soit des Bozo. Bozo et Dogon se considèrent comme frères de sang: ils
se doivent assistance mutuelle, nourriture et logement, et ne doivent
jamais se combattre. Les Dogon racontent que les Bozo
sont "frères" à cause d'un enfant. Dogon et Peul Histoire du Peuplement : Le Pays Dogon est lune des plus anciennes zones de peuplement de lAfrique occidentale. Elle a connu divers mouvements de populations parmi lesquels : |
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Les Toloy : Leurs habitations basées dans la région de Sangha datent des III et II siècle avant lère. Les Telem : ce qui signifie en Dogon "ceux que nous avons trouvé là ! Ce peuple pygmée, a formé une brillante civilisation fondée sur la métallurgie du XI au XV après lère, abandonnant leur site à larrivée des Dogons. Les Dogon : L'origine des Dogons 'est toujours un mystère, mais certains historiens pensent qu'il auraient fui l'empire du Ghana au X ème siècle pour éviter l'islamisation, tandis que d'autres pensent qu'ils sont d'origine Mandingue et qu'ils seraient arrivés par vague successives. Les Dogons furent victimes sans cesse des razzias des Mossi (XV et XVI siècle) des Songhaï , des Peulh du massina et des Toucouleur au XIX siècle jusqu'à ce que les Français pacifient la région. Larchitecture et la culture dogon : Le Pays Dogon est lune des dernières régions dAfrique où société, religion, art et architecture conservent leurs racines profondément ancrées dans la tradition : cest ce qui en fait la principale vitrine touristique du Mali. La cosmogonie Dogon : C'est un peu compliqué tout ça... et surtout tres inhabituel... Au début il y a eu le dieu unique Amma, qui créa 14 systemes solaires puis la terre. La Terre féminine fut fécondée. Elle donna naissance au renard, symbole des difficultés puis les gémeaux dogons, mi-hommes mi-serpents . Le renard s'empara de la parole de Dieu et les huit ancêtres du monde furent alors créés. Le chiffre 7 est sacré les fastueuses fêtes dogon (Danses des Masques ) s'inspirent de cette cosmogonie sophistiquée. Lisez ce qui suit pour en savoir plus... Le savoir secret des Dogon est transmis de bouche à oreille par des initiés que l'on nomme les Ouloubarou. Chaque chef de maison doit transmettre son savoir à un jeune qu'il juge capable de comprendre cette Parole et la transmettre à son tour. Dans les années 30, Ogotemmêli
était un chasseur rendu aveugle par l'explosion de son fusil. Ogotemmêli
avait été initié par son grand-père dès l'âge de 15 ans. Longtemps plus tard, Ogotemmêli a longuement côtoyé M. Griaule, un ethnologue français. En 1936, Marcel Griaule a dialogué avec lui, pendant trente-trois jours. Peut-être le Vieux Sage avait-il senti qu'une nouvelle ère arrivait et qu'il était nécessaire de transcrire la Parole pour l'éterniser ? Alors il a choisi de la transmettre à M. Griaule... Amma,
le Dieu Suprême Les Systèmes Solaires : Amma, maître de l'univers, organisa un système de planètes qu'il a créé avec des morceaux de "terre", ce mot étant pris ici dans un sens conceptuel. Il lança des boulettes de terre dans le ciel pour donner forme aux étoiles. Une légende ajoute qu'il y a fort longtemps, les femmes décrochaient les étoiles et les perçaient d'une tige pour les offrir à leurs enfants; La Création du Monde : Amma fit de même pour notre système solaire. Pour faire le soleil et la lune, Amma modela de la terre en forme de deux poteries qu'il chauffa à blanc une fois pour toutes. La Terre fut créée en dernier lieu ; Amma lança un boudin de terre dans l'espace, comme pour chaque planète. A ses deux extrémités, la terre se sépara comme pour figurer des membres rattachés à un tronc. Ce corps schématisé était femelle, et une fourmilière constituait son sexe tandis qu'une termitière figurait son clitoris. Ainsi, la Terre fut prête à recevoir Amma.. Amma avait créé la Terre pour
s'accoupler avec elle, mais la termitière, élément mâle du sexe féminin,
gênait la pénétration. Du fait de cette gêne, cette union, au lieu de
donner naissance à des Jumeaux comme le dieu l'avait prévu, engendra
un élément unique, le chacal, le Renard Pâle. Pour les Dogon,
celui-ci symbolise les difficultés de Dieu qui bouleverseront perpétuellement
le monde. Amma rasa donc la termitière et put s'unir à la terre ainsi excisée. C'est ainsi que l'excision apparut en terre Dogon. Après l'excision et la destruction de la masculinité de la terre, Amma put avoir des rapports normaux. Sa semence est toujours associée à l'eau, source de toute vie, sans laquelle rien ne pousse et l'homme ne peut pas vivre. Les Nommo : Les Jumeaux qui naquirent ensuite, furent donc liés à l'eau. Ils avaient l'apparence de l'homme et du serpent, de couleur verte, le corps lisse et couvert de poils de même couleur ; leurs yeux avaient la forme des yeux humains mais étaient de couleur rouge. Leur langue était fourchue, le torse identique au torse humain, le bas du corps adoptait la forme du serpent ; les bras étaient souples, sans articulation et terminés par des mains palmées. Tous deux s'appellaient Nommo; chacun est à la fois masculin et féminin et leur essence divine leur fit rejoindre leur père au ciel, où celui-ci leur transmit son savoir. Ils sont présents dans toute humidité et toute vie. Fils d'Amma et de la Terre, les Nommo sont les intermédiaires entre les hommes et les cieux. Cette notion de Jumeaux est aussi spécifique aux Dogon. Alors que pour de nombreux peuples africains, avoir des jumeaux est un malheur, en pays Dogon ce sont des êtres privilégiés et la naissance gémellaire est un grand bonheur. La légende de l'Arche : Le premier couple de Jumeaux engendra huit Ancêtres. Ils étaient doubles, mâle et femelle, et pouvaient s'autoféconder, bien que quatre d'entre eux aient une prédominance mâle et les quatre autres femelle. Ils se multiplièrent en huit lignées. Dans les cieux, les Nommo avaient remplacé le dieu Amma pour les décisions concernant la destinée de la Terre et de ses habitants. Ils voulurent faire progresser les hommes, mais ils ne pouvaient pas leur parler ni avoir avec eux de contacts directs. Le Premier Ancêtre décida de construire une Arche pour descendre sur Terre et aider les hommes Il semble qu'il ait bénéficié de l'aide de Dieu pour préparer son départ. L' arche avait la forme d'un panier tressé à base carrée et ouverture circulaire. Elle était pourvue d'un escalier sur chacun des quatre côtés. Chaque escalier portait ce qui
devait peupler le monde: Pour compléter son équipement, l'ancêtre rassembla sur la plate-forme tout un matériel de forge : masse, enclume et soufflet, L'arche comportait tout ce qui est nécessaire à l'homme : le panier, une unité de mesure, les figures géométriques de base, le matériel de forge pour fabriquer les outils, et même des graines contenues dans la masse du forgeron. Le vol du feu : Avant de quitter les terres célestes, il vola le feu à l'aide du "bâton du voleur"; il prit des braises de soleil et de fer et les cacha dans la peau du soufflet. Puis, dressé sur la plate-forme, il fit descendre son vaisseau le long d'un arc-en-ciel, soutenu par le fil qui se déroulait de sa bobine. Le Nommo femelle l'attaqua avec un brandon, mais l'Ancêtre se protégea avec la peau du soufflet et éteignit le bois enflammé avec l'eau de son outre. Le Nommo mâle lui envoya la foudre, mais il résista de même. L'arrivée sur terre : L'Ancêtre tenait l'enclume dans ses bras. Lorsque l'Arche toucha terre, le choc fut si violent que l'enclume lui brisa les membres, créant du même coup les articulations des coudes et des genoux. Ces nouvelles articulations permettront le travail du sol et du fer, des membres souples ne permettant pas les mouvements de levier. Le choc de l'atterrissage dispersa
les végétaux et les animaux. Le Renard Pâle Tout homme adulte
peut être devin en demandant à un ami de lui enseigner l'art. Les devins
les plus appréciés sont les hauts dignitaires de la société des Masques,
les chasseurs et les guérisseurs. Le culte du Lebe Les Dogon ne possèdent
pas d'écriture et que leurs signes sont destinés à raconter la Genèse.
Leur transcription et leur transmission incombent aux hauts dignitaires
ainsi qu'aux prêtres totémiques : plus un homme connaît de signes, plus
il se rapproche du grand savoir. Les rituels Dogon sont axés sur le
concept de transmission de la force vitale nécessaire à l'équilibre
de la société, le Hogon étant le gardien de la plus grande force. L'autel destiné à cette célébration se trouve chez le Hogon et contient une parcelle de la terre de la tombe du Lebe emportée par les Dogon lors de leur migration. D'autres autels, consacrés au Nommo, peuvent être trépartis dans le village,dans une ginna, sur la place du village, dans le champ du Hogon ou à l'entrée du village. Le culte du Binou Le culte du Binou
se déroule dans un sanctuaire dont la forme varie selon les villages
; ce peut être une véritable construction rectangulaire aux coins arrondis
et dont la façade est flanquée à ses extrémités de deux tours rondes
légèrement plus hautes que le bâtiment. La porte du sanctuaire est souvent
moins haute qu'un homme debout et bloquée par de grosses pierres. Sur
le toit, au-dessus de la porte, on place deux ombilics où l'on fait
couler les bouillies de céréales et le sang des animaux sacrifiés ;
entre les deux, une poutre supporte le "crochet à nuages". Les autels personnels se trouvent à l'intérieur des maisons. En dehors des sanctuaires ou des grottes, les autels sont le plus souvent de simples tumuli en terre. On les bâtit avec une pierre levée recouverte de terre prélevée dans une mare en souvenir du Nommo ; cette terre est mélangée à des graines ou à celle provenant d'un autel plus ancien.Chaque individu possède deux autels, un "autel de tête" et un "autel de corps". Les Dogon font des sacrifices sur ces autels en vue d'augmenter leur force vitale ; à leur mort, leurs autels personnels sont détruits. Pour bien comprendre la cosmogonie Dogon, je vous recommande deux livres : - Dieu d'Eau :de l'ethnologue Marcel Griaule Le costume Comme chez tous les peuples d'Afrique de l'Ouest, les vêtements ont, pour les Dogon, une grande importance. La base des vêtements traditionnels des Dogon était (et est encore pour partie) composée de bandes de coton blanc fabriquées par les tisserands. Leur largeur théorique est de deux fois 80 fils, soit entre 15 et 20 cm. Si certaines conservent leur teinte écrue naturelle, d'autres sont teintées en brun, roux ou indigo. La couture est l'affaire des hommes et certains sont réputés pour leur habileté en ce domaine. Avec l'âge, les vêtements changent, les deux parties habituelles, le pantalon et la tunique prenant de l'ampleur. Jusqu'à 40 ans, l'homme portait
une tunique courte et sans manches. Autrefois, le cache-sexe était remplacé
par une culotte qui descendait au maximum à mi-cuisse. La tunique longue,
fermée et avec manches, et le pantalon ample sont l'apanage des vieillards. Certes, on voit encore de vieilles femmes au ventre couvert de motifs gravés : petits traits obliques et parallèles formant des zigzags. Alors que les vieilles vont souvent tête nue, les jeunes femmes portent une pièce de tissu arrangée en turban et les hommes affirment qu'on peut connaître le caractère d'une femme ou son humeur du jour suivant la manière dont elle arrange sa coiffe. Les Masques sont une véritable institution.Celui qui possède un masque ne doit pas le faire savoir à ses proches.S'il danse avec son masque, il ne doit pas être reconnu. Les masques sont principalement employés lors des cérémonies de funérailles. Dans certains villages, il subsiste encore plus d'une centaine de masques appartenant à des hommes qui composent la Société des Masques. On doit distinguer le masque proprement dit qui couvre la tête du danseur et son costume qui peut comporter des variantes pour un même masque. Certains masques, comme l'agriculteur, le guerrier Peul, le marabout ou le chasseur ne portent pas de jupe mais un costume en tissu. Sur le visage, on fixe un masque proprement dit constitué soit de fibres tressées en forme de cagoule décorée, soit d'une pièce de bois sculptée en ronde-bosse. Les cagoules sont généralement utilisées pour représenter des oiseaux ou des êtres mythiques et parfois des êtres humains. Par opposition, les masques en
bois servent à figurer des animaux. On en distingue deux types : les
masques représentant réellement l'animal (c'est le cas des masques du
singe noir, de l'antilope, du lièvre, etc.) et les masques figurant
un visage humain surmonté du symbole de l'animal représenté (singe blanc,
kanaga, etc.). Le Hogon Le Hogon est le plus souvent le doyen du village. Il peut assumer sa charge par voie héréditaire. Lorsqu'il meurt, il n'est remplacé qu'au bout de trois ans, l'intérim étant assuré par son fils ou le nouveau doyen. Bien que le Hogon ait un pouvoir
religieux absolu, comme il ne peut se déplacer, il ne peut être chef
de guerre. Chaque jugement est sanctionné
par une amende dont la plus faible sera un poulet, mais le Hogon peut
aller jusqu'à ordonner la confiscation de tous les biens, l'expulsion
du village et même la démolition de la maison familiale, encore que
les colonisateurs français aient interdit cette dernière mesure. Dans la maison du Hogon se trouve
l'autel du lébé qui contient une parcelle de la terre de la tombe du
lébé dans le pays d'origine. Le Ginna Banna Tous ces descendants d'un ancêtre
commun vivent dans une même communauté appelée ginna (prononcer guinna)
qui regroupe tous les individus mâles, leurs femmes et leurs enfants.
La communauté s'applique également au patrimoine terrien que le groupe
cultive, à une maison de famille où vit le Chef de Ginna, appelé Ginna
Bana et à un certain nombre de maisons qui abritent les familles du
groupe. Le successeur désigné ne prendra ses fonctions qu'après la levée du deuil, soit six mois environ aprèq la mort, car personne ne peut remplacer quelqu'un dont l'âme est toujours dans le village. Seule sa personnalité fonde le
pouvoir du ginna bana ; il n'a ni pouvoir de police, ni possibilité
de répression envers les membres de la famille, et ne peut donc compter
que sur son autorité morale. Les Dogon affirment d'ailleurs que "le
ginna bana ne peut donner d'ordres, mais qu'il il faut lui obéir". Le forgeron D'autres formes de pouvoir existent dans la société Dogon. Si les cultivateurs sont considérés comme les seuls Dogon à part entière, les forgerons ont un statut à part. Dans chaque village, le forgeron est craint comme le représentant de l'ancêtre descendu de l'arche et on fait appel à lui pour départager les menus conflits familiaux. On prétend également que lorsqu'il bat l'enclume, il fait entendre la parole du Nommo. Les Dogon considèrent qu'il a des pouvoirs spéciaux parce qu'il travaille avec le feu. Il appartient à une secte et habite un quartier ou un village réservé à cette caste. Il ne cultive pas la terre et est seul à pouvoir produire les outils et les armes nécessaires à la communauté Enfin, fabriquant les outils et les armes, les forgerons sont perçus comme indispensables au bon fonctionnement de la société. A l'opposé, les cordonniers, autre métier de caste, ne jouent aucun rôle politique. La Famille On se doit de distinguer le couple, famille réduite composée de l'homme, de sa femme et des enfants non mariés. Le couple se forme par le mariage, mais les Dogon affirment que "le mariage continue la famille, mais ne la fonde pas". Dans le couple, l'homme, représentant de la lignée, occupe une position dominante ; la femme, venue de l'extérieur conserve un statut d'étrangère et les enfants, dès qu'ils marchent. appartiennent à l'homme. Le couple habite une maison appartenant
à la ginna ou bâtie sur un terrain familial. Sa position hiérarchique
dépend de la position hiérarchique de l'homme dans la famille. Il n'est pas rare de voir des cousins proches installer une petite maison dans la Ginna familiale et partager ainsi à temps complet la vie de la famille.. Les Voleurs Nous sommes ici en présence d'une
tradition rappelant le souvenir du forgeron qui vola le feu à Amma,
mais en aucun cas d'une secte ou d'une institution. Un enfant d' un
aïeul Voleur sera lui aussi voleur. Le quartier Chaque village dogon possède une devise qui lui est propre ayant un rapport direct, Les Dogon vivent en villages : on ne trouve pas d'habitations isolées. Chaque agglomération, ou groupe de quartiers et de hameaux, forme une entité administrative indépendante, avec ses cultivateurs, ses artisans, ses chefs, ses rites, ses fêtes et ses terres. Lors de la fondation d'un village, le premier édifice bâti est la maison des femmes qui ont leurs règles. La maison des femmes est toujours construite à l'extérieur du village et les agglomérations les plus importantes peuvent en avoir deux. On la reconnaît à ce qu'elle est la seule bâtisse circulaire. Chaque village peut être divisé
en quartiers si le besoin s'en fait sentir. La Ginna Tous les descendants d'un ancêtre commun vivent dans une même communauté appelée ginna (prononcer guinna) qui regroupe tous les individus mâles, leurs femmes et leurs enfants. La communauté s'applique également au patrimoine terrien que le groupe cultive, à une maison de famille où vit le chef de la ginna, appelé ginna bana et à un certain nombre de maisons qui abritent les familles du groupe. Le chef de la ginna est par tradition, le mâle le plus âgé de la lignée.Le successeur désigné ne prendra ses fonctions qu'après la levée du deuil, soit six mois environ, car personne ne peut remplacer quelqu'un dont l'âme est toujours dans le village. Seule sa personnalité fonde le
pouvoir du ginna bana ; il n'a ni pouvoir de police, ni possibilité
de répression envers les membres de la famille, et ne peut donc compter
que sur son autorité morale. Les Dogon affirment d'ailleurs que "le
ginna bana" ne peut donner d'ordres, mais il faut lui obéir". Les concessions Il faut savoir que l'habitation d'un Africain ne comprend pas seulement la maison mais aussi un espace clos devant et autour de celle-ci, sorte de cour où se trouvent les dépendances et où vit la famille. Cet ensemble forme la concession, toujours cernée d'un mur et dont l'entrée est fermée d'une porte ou, pour les gens aisés d'une pièce formant entrée. C'est pourquoi en Afrique de l'Ouest, on parlera rarement de maison et presque toujours de concession, la maison n'étant qu'un élément d'un ensemble nécessaire à la vie de la famille. Cette notion de concession a une grande importance. Les familles aisées possèdent une pièce qui sert de sas entre l'intérieur et l'extérieur. Cela permet de filtrer les visiteurs et de préserver la vie privée de la cour principale. Le To Gunna (toguna) La Case à Palabres, leTo Gunna, est composée d'abord et surtout d'un toit qui doit comporter en théorie huit épaisseurs de bottes de mil. Des poteaux, en pierre ou en bois, supportent le toit ; théoriquement, on doit en compter huit, répartis en trois rangées, correspondant aux huit ancêtres. Les rangées extérieures comportent trois poteaux chacune, la rangée intérieure, deux poteaux. La case à palabres doit obéir
à d'autres règles : ainsi doit-elle être carrée, orientée nord-sud et
le toit doit être bas (à environ l,20 m du sol) afin d'avoir un maximum
d'ombre et qu'on ne puisse s'y tenir debout. Les greniers Le second élément bâti d'une
certaine importance est le grenier à mil. Dans le paysage urbain, on
remarque surtout les greniers alors que les maisons d'habitation se
noient dans le décor. Le nombre de greniers par concession est fonction
du nombre d'habitants et de la richesse de la famille.. Le grenier repose généralement sur quatre grosses pierres qui supportent une claie en bois. On recouvre ce plancher de banco qui formera le fond du grenier. Le maçon monte les murs avec des boudins de terre qu'il lisse au fur et à mesure comme une poterie, avec une épaisseur de 5 à 7 cm.Le grenier est toujours surmonté d'un dôme.
On dit que ces compartiments représentent les huit graines des ancêtres. C'est aussi le grenier de la femme, celui où elle met tout ce qui lui appartient en propre.
La forge La forge est à proximité de la
place et de la case à palabres du village. C'est un espace clos par
un assemblage de grosses pierres plus ou moins jointes dont le toit
est formé de branchages entrecroisés qui font de l'ombre tout en laissant
passer lumière et fumée. La maison Les activités et les
saisons L'année comporte treize lunes
de vingt-huit jours divisées en semaines de cinq jours. Pour certains
observateurs, les comptes sont approximatifs, mais pour d'autres, les
Dogon comptent les jours en faisant des nuds à une corde. Les marchés
ont lieu tous les cinq jours. La vie s'organise en deux saisons et deux
intersaisons: - l'intersaison de mai est très courte (une lune) et précède les pluies. La chaleur est étouffante, le ciel plombé de nuages noirs qui refusent de crever. Les puits sont presque à sec, les légumes frais disparaissent des marchés où on ne trouve guère que du mil. C'est la saison bado. - la saison des pluies s'étend sur quatre à cinq lunes de juin à la mi-octobre. De nos jours, les pluies commencent en juin et finissent vers la mi-septembre . C'est l'époque des grandes cultures qui mobilisent tous les habitants de la région. - enfin, une intersaison prend place de la fin de la récolte du mil au mois de janvier (environ trois lunes). C'est le début de la saison sèche, mais l'eau est encore abondante ; on finit les récoltes et on commence les plantations maraîchères. Cette saison porte le nom de bago. La naissance L'enfance La circoncision On attend qu'il y ait 10 à 15
jeunes gens en âge de l'être, soit entre huit et douze ans. Ce contingent
forme un Tumo, une classe d'age, auquel ils seront identifiés
toute leur vie. Le lieu de la circoncision est toujours le même pour un village donné, choisi en brousse, loin du village et de ses dépendances. Les enfants sont circoncis les uns après les autres en commençant par les plus âgés. Chaque enfant est déshabillé et assis, jambes écartées, la verge posée sur un morceau de bois. Le circonciseur tranche le prépuce vers l'arrière de telle sorte que le morceau de chair enlevé reste enserré dans le nud coulant. Dans les villages où vivent un médecin ou un infirmier, l'opération se fait désormais au dispensaire ou à l'infirmerie mais les enfants s'isolent encore pour faire retraite. Les nouveaux circoncis sont abondamment
nourris et on va jusqu'à les forcer à manger. Tout dogon, même s'il ne connaît pas son âge exact, connaît son tumo qui, en la matière, est la seule référence intéressante. S'il lui incombe des travaux agricoles, il pourra compter sur l'aide de son tumo et il lui sera lié à jamais. L'excision Les mariages Quand la date du mariage est fixée, les filles se réunissent à plusieurs reprises en dehors du village pour parler et se raconter des fables ; ainsi est brisé l'interdit du silence envers le fiancé. Le soir du jour fixé pour les noces, le fiancé, accompagné de son tumo se présente devant la maison où loge le groupe des jeunes filles dont fait partie sa promise. Si la jeune fille n'habite pas dans le même village, la coutume de l'enlèvement demeure, le plus souvent, symbolique, sauf lorsque la femme est déjà mariée, ce qui arrive parfois...La plupart du temps, les grands frères du fiancé sont chargés de l'enlèvement, répété trois fois. La troisième fois, c'est le tumo qui prend la responsabilité d'enlever la jeune fille. Un second type de mariage est
le choix de la femme par l'homme. La femme Ya kédou ou "grande
femme" peut être choisie parmi les jeunes filles non mariées ou enlevée
à un mari. Dans le troisième cas, la femme
se choisit un amant (sile) ; mais la liaison doit être limitée dans
le temps : au bout de trois ans, le sile doit rompre et offrir un cadeau
à la mère de sa maîtresse. Si elle est enceinte la femme doit choisir
entre revenir chez son mari ou devenir ya kédou de son amant. La polygamie La mort Pour les Dogon, la mort est la séparation des éléments qui constituent la personnalité. Toute personne possède des âmes, un corps, de la force vitale. A la mort, seul reste le corps, les autres éléments le quittant et devenant une force active qu'il est nécessaire de canaliser pour qu'elle devienne le nani d'un descendant du défunt. Le rite funèbre se déroule en
trois temps distincts qui permettent à l'âme de quitter le village pour
se rendre au paradis des ancêtres. L' agriculture La seconde culture importante dans l'économie du pays Dogon est le riz. Les champs sont choisis inondables naturellement, dans le creux de rochers ou le long de cours d'eau temporaires en plaine. Sur le plateau, il faut parfois transporter la terre dans un lieu propice mais stérile ; on construit alors, pour retenir l'eau, de petits murets en pierre qui, de nos jours, sont de plus en plus souvent cimentés afin d'augmenter leur étanchéité. Bien qu'il se récolte un mois avant le mil, le riz n'est semé qu'un mois après lui. Les autres cultures sont surtout des cultures d'appoint. Les plantations ont en général lieu en même temps que celle du mil et dans les même champs pour les haricots, l'oseille et le raphia. Par contre l'arachide et les pois de terre sont semés dans des champs à part. Quelques villages cultivent l'igname et d'autres tubercules. Le guano La pêche La chasse L'élevage Les bovidés sont gardés dans
la plaine. Il y a encore quelques années, les dogons laissaient leurs
bêtes en garde aux peuls ; mais de nombreux différends ont surgi et,
de plus en plus, les dogons gardent eux-mêmes leur bétail. Jadis, tout haut dignitaire avait
son cheval. De nos jours, les possesseurs de montures sont de plus en
plus rares et on ne voit guère de chevaux qu'au pied de la falaise. Les outils Les Dogon commencent à utiliser la houe moderne, conçue à partir de l'ancienne, mais utilisant un manche droit et un fer plus large. Son angle d'attaque doit être très faible, car elle ne fait que gratter le sol du fait de la minceur de la couche arable. L'herminette utilisée par le
paysan est assez grossière et souvent non affûtée. Son manche est droit
et elle sert à couper les pieds de mil lors de la récolte. La faucille ressemble à la faucille
en usage en Europe. Le marché Chacun a sa place : les bouchers
côtoient les marchandes de bière de mil, elles-mêmes suivies des marchands
ambulants et des vendeurs de tabac. Le marché commence tard dans
la matinée alors que le climat commanderait de profiter de la clémence
du matin. Les femmes Peul viennent de la plaine avec le lait et le beurre. La dernière partie du marché est constituée par les marchands ambulants, qui sont toujours des hommes. Ces marchands apportent tout ce que le pays ne produit pas ou en faible quantité seulement : sel, poisson séché, riz, engrais, manioc, vêtements, outils, vaisselle en métal, tissus, etc. Au fur et à mesure que les besoins augmentent en pays Dogon, le choix se diversifie, mais le pouvoir d'achat restant faible, les produits présentés sont surtout utilitaires. Entre 13 h et 14 h, le marché
bat son plein. Vers 16 h les femmes commencent à retourner vers leurs
villages où elles parviendront à la nuit. Avec le crépuscule, la paix
revient sur la place du marché et chacun compte son gain ou vante son
achat.
Le filage Le tissage La poterie Vous pourriez aussi vous rendre sur le site http://www.dogon-lobi.ch/dogonalbum.htm où vous pourriez consulter plus de 600 photos sur tous les aspects de la vie chez les dogon. Proverbes
Dogon tirés du livre d'EMMANUEL POUDOUGIO « Pour entendre le tamtam, il faut donner un
coup de bâton ». « Tu peux laisser ta main un mois dans l’eau,
elle est mouillée, mais elle n’est pas propre ». « Il ne faut pas avoir la tête dans ses
chaussures ». « le repos ne dérange pas le travail ». « Il faut bouger quand le soleil commence à
somnoler ». « La parole, c’est comme un chemin qui continue
». « Alourdir la tartine ». « Il me suit comme une mouche derrière la viande crue ». « Quel que soit le gout du repas, n’avale pas
ta langue ». « Il te font courir devant tes jambes ». « S’étaler comme une gouttière
» « Tout le monde a son ventre devant lui ». « Pour être le berger de plusieurs personnes
». « A chacun son ethnie ». « Il ne faut pas donner le temps au soleil parc
qu’il n’est pas tolérant ». « Le mouton a toujours la tête baissée
parce qu’il a honte de voir l’anus de la chèvre ». « On ne peut pas réveiller quelqu’un qui
ne dort pas ». |
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